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Actualité et aphorismes au compte-goutte
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| Déménagement |
[2 mar 09|08:15] |
J'ai commencé à bloguer içi début 2000. Le web a changé, le site aussi, et je ne vois plus l'intérêt d'y rester. Payer pour ne pas avoir de pub et pour ne pas être limité dans les fonctions de mise en page n'est pas trop mon truc. Et que dire des gadgets de socialisation et les sujet proposés pour lutter collectivement contre le writer's block.
Bref, je déménage. |
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| (pas de sujets) |
[20 fév 09|09:47] |
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« L'absinthe rend fou et criminel, provoque l'épilepsie et la tuberculose, elle tue chaque année des milliers de français. Elle fait de l'homme une bête féroce, de la femme une martyre, de l'enfant un dégénéré, elle désorganise et ruine la famille et ainsi l'avenir du pays. »
Pétition de la lignenationale française antialcoolique, 1906.
Moi ça me donne soif. Désorganiser et ruiner la famille ainsi que l'avenir du pays peut donc être une activité agréable, en plus d'être noble. Vivement mon prochain avion pour Marseille et une bouteille d'oxygénée. |
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| Le phylloxéra à bottines de caoutchouc |
[20 jan 09|13:06] |
Vous étiez où, le 20 janvier 09 à midi, jour de grand soir?
A ma table de travail, j'ai terminé d'écrire un chapitre. J'ai mis la radio en fond, Obama, Puis j'ai lu du Gauvreau en buvant du thé vert trop fort, Le phylloxéra à bottines de caoutchouc1:
Je suis Ernestin le diamant des dames Je suis la coqueluche aux armements de netz Je suis l'anticensure Je suis la liberté Je suis le je suis de la jesuise des armoiries en satin luisitude
Traduit par l'automate de google vers l'anglais, cela donne (avec un peu d'aide manuelle pour les néologismes) Phylloxera in rubber boots:
I am Ernestine diamond ladies I am the pertussi with arms of netz I am the anticensorship I am freedom I am I am the imam of satin luisitude
Ce qui eût pu faire un meilleur punch final que god bless america (avec un petit clin d'oeil à l'imam, en traduisant jesuise)
1 Le phylloxéra à bottines de caoutchouc, in poèmes de détention, 1961.
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| (pas de sujets) |
[19 déc 08|17:57] |
Blogue suspendu. Temps suspendu.
Si tous les surmois vont bien, je serai de la rentrée automne 2009.
Pour tout besoin de métaphysique, me googler ou googler Arthur Schopenhauer.
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| (pas de sujets) |
[9 déc 08|00:42] |
Victoire de l'abstention électorale au Québec. C'est tout de même réjouissant de savoir que plus d'un québécois sur deux n'est plus dupe d'un cirque qui insulte la raison, ni de cette idée farfelue de "devoir de citoyen".
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| Abstention provinciale. |
[8 déc 08|16:59] |
Encore une fois, l'abstentionisme, en tant que choix politique, est sous-pesé dans l'analyse des stratégies des partis, alors qu'il représente un geste qui atteint dans la population des proportions souvent aussi importantes que les voix récoltées par les partis qui remportent une élection. Ne pas voter, c'est voter. Préférer le vote blanc à l'abstention, c'est sous-peser que le vote blanc est retiré de la ventilation finale, dans la même pile de bulletins que les paraplégiques qui dépassent de la case.
Je ne vote pas, et je pèse mon geste. Geste de résistance au cirque mass-médiatique électoral, où on résume des enjeux de gouvernance à des slogans d'une insignifiance sidérale et à une rhétorique creuse, répétitive et convenue d'avance chez tous les partis.
On parle de démocratie et de devoir de voter pour la maintenir. On ne questionne pas le système de "représentation" du vote. On oublie qu'on peut considérer que ne pas voter peut être un plaidoyer en faveur de la démocratie, suivant qu'on se la représente comme étant autre chose que de la communication et de la propagande trompeuse de toutes parts, des partis pendant la campagne comme des ministères pendant l'exercice du pouvoir.
On discutera de l'implication des citoyens quand on abordera la démocratie sur le fond, en discutant par exemple de proportionnelle, d'engagements électoraux concrets et garantis judiciairement et de référendums d'initiative populaire menant à des changements législatifs...
Pour l'instant, je cède mon pouvoir à aucune des démarches de publicitaires qui me vendent des représentations de la politique qui insultent mon intelligence et ma compréhension du politique. Je ne vote pas, et je le répète, je pèse mon geste.
Notez que cet appel au vote blanc est en théorie illégal, du moins selon le DGEQ.
Je l'assume.
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Et puis bon, Jean Charest a dit que c'était un devoir Pauline Marois a dit qu'il fallait, argument des plus stupides, profiter de la démocratie pour laquelle des gens meurent, érigeant le modèle parlementaire québécois au pinacle de la démocratie.
Consentir à renoncer à son pouvoir par "représentation" basée sur un vote de show de publicitaires qui s'en sont mis plein les poches, avec le même sérieux qu'on choisit entre deux marques de bière chep en fonction des putes en bikini sur l'affiche, bref. Ce soir, soir de scotch, devant du Wagner.
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Combien grande devra être la répugnance des générations futures, lorsqu'elles auront à s'occuper de l'héritage de cette période au cours de laquelle ce ne furent pas des hommes vivants qui gouvernèrent, mais des apparences d'hommes accordés à l'opinion publique
- Nietzsche, considérations inactuelles, III (Schopenhauer éducateur)
Faut croire qu'on est pas sortis du nihilsme, mon Friedrich.
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| Politique-fictions canadiennes. |
[4 déc 08|19:20] |
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1 Je cultive une empathie irrationnelle envers Stéphane Dion, un peu comme à l’égard d’une brebis qui a des asticots plein le sabot purulent et qui veut envers et contre eux marcher en grossissant l’enflure de son gros pied. Marcher pour marcher, parce qu'il faut marcher. C'est schopenhauerien. Je crois que ce bonhomme est un bourgeois bien équipé du point de vue politique et juridique, mais qu’il s’acharne à vouloir jouer du piano quand il n’a pas l’oreille musicale. C’est d’un pathétisme touchant. Chaque fois qu’il parle avec une sorte de tentative drolatique de hausser le ton, j’éprouve de la pitié pour un animal blessé, que partage la bergère, pourtant politologue -- et tous deux sceptiques aguerris. Bref. Je lui suggère la ligne suivante, pour faire court. Le calembour étant souvent le dernier refuge de l’intellectuel incompris. Former dans un gymnase avec un terrain de tennis un rassemblement de la coalition. Proclamer un parlement temporaire. Et puis dire, en chœur avec le Bloc et le NPD, « Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous ne sortirons que par la force des baillons nets. » 2 Harper laisse un message sur le répondeur de Charest. « So I hope you understand, you funny ass, on Monday the 8th, where all these old-fashioned separatist votes are coming from. I have une bonne mémoire, Johnny Charest. I framed-up the whole thing, Johnny Charest. Do you get it, framed-up the whole thing. From the beginning. From the stupid economical statement. To the separatist-bashing show. To the prorogation. Just to give you, as we say in your non-white bastard language, un chien de ma chienne.” (Mes excuses à mes lecteurs hors du Canada, particulièrement en Russie et en France. Je suis redescendu de ma montagne pour venir terminer d’écrire un roman dans le pays dont j’ai la citoyenneté (et où j’ai le plus de créanciers), un pays qui traverse des anecdotes politiques d’une insignifiance telle qu’elles s’érigent. Notamment une « crise constitutionnelle » et, plus blême encore, une élection provinciale que les abstentionnistes, dont je suis, vont une fois de plus gagner haut la main. Mais ne vous y trompez pas, les tributs d’Eltsine, et les guerres de tranchées entre Ségolène et la dame-de-fer-de-gauche valent mieux. Mais la proximité géographique et l’absence d’une connexion haut débit me rivent aux ondes FM locales.) Je crois que mes chroniques pastorales et celles sur l’onanisme valent mieux, hmmm… Ou alors les notes sur Nietzsche, oui oui.
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| (pas de sujets) |
[1 déc 08|20:11] |
Il y a un an, je me refusais à tenir un blogue, et déambulais en Roumanie, plein de lyrisme et de mal de vivre. Post-pastoral, néo-vide.
J'étais passé (pour la deuxième ou troisième fois de sept ou huit) encore par le village natal de Cioran, gonflé d'envies de mythes et de démolition de mythes qui bouillaient toutes ensemble.
J'écrivais -
Il est étonnant de voir cohabiter en moi une aversion viscérale à l’égard de la paternité et une lubricité puissante, polymorphe et violement inscrite depuis ma génitalité jusqu’aux hautes sphères spirituelles de mon esprit. La reproduction me dégoûte, pour des motifs métaphysiques. Et pragmatiques aussi, comment écrire avec un chiard qui chie, une compagne devenue vulgaire reproductrice elle qui fut brillante, sans nourrice, et encore la nourrice, il faut se la sauter, et vous voilà dans le monde grossier du portrait sociologique. L’écrivain digne de ce nom refuse de procréer. C’est le rare, voire le seul dogme auquel je souscris. De même que la mort est un problème qu’il faut éviter à tout prix car il est insoluble et ne quitte plus celui qui vient s’y aventurer, ce matin, dans le cimetière de Rasinari, il se résout dans l’éros et les imageries mentales pornographiques violentes au regard des tombes dont j’imagine l’origine, la giclée spermatique, les cris de plaisir qui viennent avec, point de départ qui mène au statut d’engrais décoré d’une pierre taillée en symbole abstrait. Le cimetière devient une orgie, chaque petit monument devient sa fornication originelle, jet de sperme. J’ai trouvé la tombe de la mère de Cioran et je m’enfile une vodka, dans le froid, avant de retourner au centre du village, au bar, boire avec Nikolaï. ---
Les mythes, c'est ------- rien, merde, rien, vodkas au bar de rasinari, et puis après, quels mots vont manger nos présents?
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| Petit coeur (révision 2) |
[16 nov 08|09:01] |
Petit Cœur Chanson sur l’amour pastoral Pour Florence, qui a mangé du Petit Cœur
Petit Cœur gambadait sous les pattes de sa mère (Ré m) Dans le matin léger, courrait vers la clairière (Fa) Petit Cœur se gavait du lait de sa maman (Ré m) Et mangeait l’herbe drue, la laine dans le vent (Fa)
PETIT CŒUR N’IRA PLUS DANS LE PRé (4x) (Do / Sol m / La)
Pour Petit Cœur les jours fusaient dans la gaieté Jamais rien n’était lourd, dormir bêler manger Le berger et son chien dans son œil innocent N’étaient que des gardiens affables et bienveillants
PETIT CŒUR N’IRA PLUS DANS LE PRé (4x)
Mais Petit Cœur un jour a atteint les trois mois Il était bien ventru, il avait du beau gras Comme des amis venaient manger à la maison Pour qu’ils soient bien repus, j’ai pris une décision
PETIT CŒUR N’IRA PLUS DANS LE PRé (4x)
Petit Cœur enlevé au pis chaud de sa mère Sur l’autel attaché, les quatre pattes en l’air Avec mon opinel j’ai coupé son aorte Le sang chaud a coulé, comme les bébés phoques (1)
PETIT CŒUR N’IRA PLUS DANS LE PRé (4x)
Petit cœur éventré, j’ai sorti ses viscères L’ai pendu au sous-sol, à un crochet en fer Dans l’ombre et la lenteur, deux jours il a vieilli Pendant que j’hésitais, des patates ou du riz
PETIT CŒUR N’IRA PLUS DANS LE PRé (4x)
Petit Cœur découpé macérait dans le vin Puis je l’ai recouvert de moutarde et de thym Autour de la table tous se sont régalés Mais comme les gens braves, nous l’avons remercié
PETIT CŒUR N’IRA PLUS DANS LE PRé (4x)
Petit Cœur c’est pas moi, c’est le cycle de la vie Qui veut que les broutards la terminent ainsi A jamais dans mon âme ton souv’nir est gravé Dans l’ombre impitoyable de la fatalité
(1) Je sais, la rime est aussi pauvre que démagogique, mais c'est la seule
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| Abstention |
[14 oct 08|11:33] |
Je n'ai pas voté de ma vie, sauf pour moi en 1992, parti Rhinocéros.
Dans la Presse, André Pratte écrit: Voter est donc non seulement un droit, mais un privilège. Par conséquent, c'est un devoir.
Je le remercie chaleureusement de me conforter dans mon abstentionnisme, c'est le genre de commentaires qui le vivifient plus encore que la somme de l'insignifiance communicationelle d'une campagne, tous partis confondus.
Et puis, j'ai des moutons à garder, des aphorismes à griffonner, une voisine (qui se fout à poil en cime) à co-sauter, des canons à siffler, du Nietzsche à re-annoter. |
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| R5 et pastoralisme |
[7 oct 08|12:56] |
C’est peu connu, mais visiblement, la R5 a été conçue pour servir autant de véhicule pour faire les courses et voyager que pour les bergers estivants.
Le siège passager convient parfaitement à un agneau nouveau-né, malgré le bordel du berger ;


Le coffre arrière permet de transporter la mère du nouveau-né, bien grasse, pour peu qu’on lui attache bien trois pattes avec une corde avant de la déposer dedans ;


Le même coffre arrière a la dimension parfaite pour transporter une botte de paille de trente kilos, à deux pouces près.

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| Mauvais livres |
[7 oct 08|12:55] |
C’est au livre de réclamer la plume, l’encre et la table de travail ; mais généralement, c’est la plume, l’encre et la table de travail qui réclament le livre. C’est pourquoi de nos jours les livres sont si peu de choses.
Nietzsche, Humain, trop humain, II, §133 |
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| (pas de sujets) |
[1 oct 08|14:50] |
Finalement, après réflexion en cime à l'aube, j'ai retiré du blogue le truc sur les coupes du Conseil des Arts de Michel Rivard, copié-collé à la va-vite. Michel Rivard, dont je pense à peu près la même chose que Richard Desjardins (on est ben, on est ben, Beau Dommage dans l'fond, un truc de baby boomer rangé dans la discothèque du philistin à côté des Gipsy Kings, de Kashtin, de Enigma - Sadness et d'une mauvaise version du Boléro de Ravel) somme toute, me tape sur les nerfs. Je ne joins pas ma voix à celle des trente mille braillards de la mort de la culture, loin s'en faut.
Si je veux ma bourse, c'est parce que j'ai déjà payé des impôts, auxquels je n'ai jamais consenti, et que je veux reprendre ma part des impôts - mais c'est surtout parce que je suis opportuniste. Dans l'absolu, je suis un anarchiste de droite individualiste qui se contre-crisse de la culture comme tout collectif et qui veut faire son chemin d'écrivain tout seul. Je suis sympathique à Nietzsche qui a publié à compte d'auteur la quatrième partie du Zarathoustra, et pas très sympathique à la posture d'artistes qui pleurent qu'ils sont le forment d'une nation. Mais je sais remplir les formulaires qu'il faut quand il y a du blé à empocher. |
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| (pas de sujets) |
[1 oct 08|14:02] |
Dans un lot de brebis gardées en filets, environ une sur trois cents comprend mieux que les autres et saute le filet pour manger du net, alors que les autres doivent racler la portion du jour. Comme les brebis sont des putes à net, elles sont jalouses de la pute sauteuse, et ça peut foutre le bordel ou même les faire péter les filets.
Pour gérer la situation, le berger doit dissuader la pute sauteuse de sauter, en lui foutant des coups de chien.
Si la pute sauteuse devient une pute sauteuse multirécidiviste, alors le berger doit devenir sakozyste, malheureusement -- car on ne garde par de façon socialiste, ça gaspille l’herbe.
On peut garder la brebis sauteuse à l’écart, en bergerie, et ne lui donner que du foin. Mais c’est une approche oviniste encore coûteuse.
Ou alors user de répression, comme en témoigne la photo suivante, qui fait un peu penser à the texas chainsaw massacre en plus bucolique. On y voit une pute sauteuse multirécidiviste suspendue qui ne sautera jamais plus.

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| (pas de sujets) |
[23 sep 08|12:11] |
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Trrrrrrrrr… Trrrrrrrrrrrrrr… - Allo ? … Allo ? ALLO ? J’entends pas, ALLO ? Trrrrrrrrr… Trrrrrrrrrrrrrrrr… - Oh putain de cigale de Provence de mes couilles. |
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| (pas de sujets) |
[23 sep 08|12:11] |
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Ce fut une soirée Rabelaisienne. La voisine (celle qui se fout à poil en cime) et le voisin de la voisine (celui qui a achevé la marmotte, qui macérait dans le gros rouge, d’un coup de baton sur la tête) ont été fort heureux de se faire servir, après la marmotte en daube assez bien réussie, un cuissot de chamois, tué la veille par le neveux du patron, qui, rêvant d’épouser la bergère à poil en cime, nous l’a déposé en sorte de dot en nous disant de le cuire et de le manger avec elle. Je l’ai fait tremper dans du blanc sec deux heures durant, je l’ai piqué à l’ail, roulé dans la farine et les épices de Rabelais, puis cuit durant trois heures en l’arrosant du reste de blanc. Il y avait un vin de noisette maison terrible en apéro, des tonnes de vin, et le matin, les brebis se sont démerdées toutes seules |
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| La nef de Philomène |
[23 sep 08|11:58] |
Mon deuxième roman, la nef de Philomène, a été accueilli avec enthousiasme par le comité du conseil des arts, qui l'a fortement recommandé, mais on ne m'a pas donné les douze mille piastres quêtées parce que les fonds sont pas là.
J'ai demandé pourquoi, plus précisément, à la madame du conseil des arts, qui m'a dit
Je vous félicite d’avoir obtenu la confiance de vos pairs. Le volume des demandes ne nous permet pas de consigner les commentaires des évaluateurs, mais comme le Conseil est assujetti aux lois fédérales sur l’accès à l’information et sur la protection des renseignements personnels, je vous recommande à ma collègue xxxxxxx.
Et j'ai exigé de savoir pourquoi j'ai pas les sous, je suis maintenant un habitué de la succion de fonds, j'ai pompé des fonds belges, des fonds québécois, des fonds français, je veux mes fonds du Canada, et savoir pourquoi je pourrai pas boire sur le bras d'un gouvernement de droite chrétien en écrivant, parce que mes lectrices méritent mieux que ça hostie, vivement le caporal Lortie à Ottawa.
Bon. |
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| (pas de sujets) |
[18 sep 08|15:25] |
Le chien du voisin de la voisine a chopé une marmotte au cou, et il (le voisin) l'a achevée à coups de bâtons sur la tête avant de nous la porter à la cabane.
Je l'ai dépecée hier après-midi, Plume a mangé les entrailles. Je vais la dégraisser deux jours, la mariner deux jours de plus dans le gros rouge (4 euros les cinq litres, c'est pas à la SAQ qu'on trouverait ca), les carottes et les oignons, puis la réduire dans ma terrible sauce au cidre, pleurotes et graisse de canard qui fait pleurer les convives de bonheur et mouiller les jeunes filles.
Lundi soir, on la mange, avec un Rasteau 2004 à 6 Euros, tannique, charpenté, plein d'effluves de forêt (c'est pas à la SAQ qu'on trouverait ca). |
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| Situationnisme pastoral |
[18 sep 08|12:55] |
Ma sensibilité situationniste s’est accrue en Provence – du fait d’y vivre derrière le spectacle que génère le tourisme, d’une part (lavande, pastoralisme, terroir, costumes, etc.) et de côtoyer la weltanschauung des agents du pastoralisme, qui produisent autant, voire plus, d’images d’épinal que de viande, d'autre part.
Mais quelle praxis au situationnisme ? Quand on est situationniste mais qu’on n’est pas marxiste, à part relire Guy Debord, on peut faire du sabotage.
Par exemple, au bistrot de pays de Demandolx, qui est en partie financé par l’état pour « contribuer à la conservation et l’animation du tissu économique et social en milieu rural du café de village multi-services à l’ancienne ». Donc, vendre le pain, le tabac, et tenir un bistrot, en faisant du folklore.
Comment saboter le folklore ? En buvant assez de picon-bières assez assidument pour devenir ami avec les tauliers du dit bistrot-de-pays et leur graver de la musique.
Ainsi, d’un soir à l’autre, au milieu de la Provence profonde, où l'on souhaite voir passer les transhumances, au bistrot du pays, on joue, dans le lointain des paysages de cartes postales, du Plume Latraverse, du Van der Graaf Generator, du Syd Barett, du Stockhausen, et même du Binamé et l’album éponyme des Flokons Givrés (que je suis le seul post-punk encore vivant à avoir vus en concert, aux dernières nouvelles).
Du spectaculaire ? Sabotons ! |
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| (pas de sujets) |
[16 sep 08|16:50] |
Routine. Après avoir donné, à 2000 d’altitude, le biais à notre troupeau, en prenant soin qu’il ne coule pas vers le hameau où a lieue la première battue de chasse au sanglier (qui se fait au fusil, et non plus à la potion magique) et qu’il ne nous emmerde pas durant deux jours (je suis sur une montagne de berger slacker, il faut au moins trois ans d’expérience pour trouver cela et un bon réseau, un peu comme pour courir les salons du livre et boire des per diem), je redescends, aider la voisine (celle qui se met à poil en cime) et ses patrons, à trier leurs brebis pleines, leurs tardons, leurs malades.
Le tri fait, nous sirotons le pastis, mais voilà que les salopes de cabres sautent le parc, ajoutant au stress des brebis et les tardons se bramant par la tête, cruellement séparés par des tavelles de bois bancales. Par deux fois, ca saute les grillages, et nous évitons la catastrophe de justesse, à coups de chiens et de hurlements d’insultes. Nous décidons de tirer deux filets aux tardons, en contrebas de leurs vieilles putes de mères, qu’ils y dorment sans les entendre, vous savez, les mères. En plus, ils auront à grignoter de la repousse à l’intérieur des filets.
Puis ce matin nous chargeons les pleines dans le camion, qu’elles redescendent agneler. Routine. Attendons que les nôtres descendent de la cime à deux mille jusqu’au sel, les repousser sur le biais du Touyet. Recevoir un chasseur venu discuter devant le rosé, parler du loup, de sa réintroduction, des touristes à tirer à la carabine, de la merde des éleveurs de la Crau. Routine, routine, je me répète, cela en blase la bergère, elle en rajoute, cela me blase. Les brebis coupent le biais, marcher au-dessus d’elles, hurler dans le soleil, Plume gauche, plume, toque-les, les salopes. Pour descendre boire en paix un verre au WifiSpot de St-André.
Routine, routine. J’écris routine. J’ai perdu le jet de dopamine qui venait à raconter mes moutons.
Heureusement que ma montagne de slacker me permet de graphiter des jets et que je m’enferme dans un shack dans les cantons de l’est en novembre. Je veux écrire et les laisser crever, bouffées par le loup, ces connes.
Routine, routine.
Je parle de l’écriture. Cette somnolence pastorale contemplative, avec tout son pastis et son rosé, j’y resterais, pour elle en elle-même ; pour mieux envoyer chier tous les bergers et les éleveurs du monde, n’étant plus néophyte ; mais voilà, j’ai la terrible vocation de ne pas être l’imposteur de la relève littéraire et de sortir de la fiction pastorale pour aller drument me frotter à l’abîme de l’opus deux.
Oh, je suis bien dans le pré, mais j’en suis si rasséréné qu’en écrire, chaque fois, me semble un peu supercherie, superfétation.
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Par exemple, je me sens plus inspiré en écrivant la futilité suivante :
En France, on souligne la journée nationale de la prostate. Surmédiatisation des risques de cancer, de troubles urinaires, d’érections horizontales, de pudeur du male face à cet organe méconnu. Pas un mot sur le potentiel orgasmique de ce catalyseur érotique masculin pouvant rivaliser gravement, chez les décoincés, avec le pâle orgasme éjaculatoire, voire l’orgasme féminin. Pas un mot, que du pathos médical préventif. On est encore loin, très loin, du corps post-chrétien auquel appelle Michel Onfray.
Ou encore, la poésie juvénile jubilatoire suivante, qui me lie plus à ce blogue que ces mérinos qui paissent dans l’alpage dans mes jumelles comme des gens qui prennent le métro pour aller travailler :
Lundi noir, le Cac40 et le Down-jones, dans le pré, s’écroulent, et je jubile à chaque point, à n’en plus pouvoir m’empêcher d’ouvrir la radio au cinq minutes pour crier DANS TON CULLLL à chaque fois que le pourcentage de perte monte, que le crédit agricole perd 12%, avec la même joie que lors du deuxième avion dans la deuxième tour le 11 septembre.
Bordel, je préfère me voir écrire cela, fuck les moutons, vivent les mises en abyme. |
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| (pas de sujets) |
[12 sep 08|14:11] |
Je regardais la mini bibliothèque qui trône au-dessus du lit, dans la cabane, sur l'alpage de Vauplane. Une trentaine de livres, Nietzsche, toujours, mais aussi Claude Gauvreau, Hubert Aquin, la grande tribu de VLB, les bienveillantes, la bible (pour la branlette), des vieux romans jaunis, et je me disais que le Ebook idéal, qui n'existe pas encore, pour que je l'achète, devra:
- Conserver les taches de vin que j'y laisse quand j'en renverse dedans en lisant, à la page exacte, en reproduisant le vieillissement exact de la couleur de la tache (du vin et d'autres boissons, par exemple, j'ai renversé de la liqueur de cannelle sur lesbos de Baudelaire, sur le bord de la plage à Cuba, et c'est un souvenir mémorable, comme je n'y étais pas seul);
- Conserver les insectes écrasés entre deux pages, et la chiure qu'ils laissent en mourant;
- Conserver le gondolement du au feuilletage, preuve de la fréquence de consultation;
- Permettre de laisser le livre où je l'ai terminé pour un prochain lecteur inconnu, avec le mot de le faire passer;
- Permettre à l'auteur de dédicacer de façon originale à la lectrice émoustillée le livre en éjaculant devant elle sur la jaquette (seul avantage, point de vue absorption, de la première édition de mon premier livre, dont je haïs tous les autres attributs esthétiques, viscéralement, si on peut parler d'esthétique), en conservant le vieillissement de la semence de la même façon que celle du vin tel que sus-mentionné;
- Permettre de faire contrepoids si une porte se ferme mal;
- Permettre à l'honnête gendarme recueillant les aveux d'un citoyen malhonnête de limiter les ecchymoses du coup de sa matraque en servant de tampon entre la matraque et la tête (le tome deux des oeuvres de Nietzsche semble fort bien convenir, en supposant qu'un gendarme puisse en disposer);
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| (pas de sujets) |
[12 sep 08|13:09] |
Moment de grâce au bord du lac Castillon, au pied de la montagne. Pour quinze Zeuros, un aïoli, avec du vin et un digestif, et le trio Brassens en concert (c'est pas sur le Plateau qu'on aurait cela, hum).
Le soleil brulait. L'aïoli aussi, mais c'était parfait, tout arrondi par l'onctueuse mayonnaise, le cabillaud fondait dans la bouche, les légumes étaient au point et le trio Brassens, guitare, contrebasse, batterie, jazzait, créolisait ou french can-canait le vieux George. Le blanc rafraichissait, et j'étais payé pour garder les moutons, à trente kilomètres de là, qui s'en sortaient très bien tout seuls dans le bois sur le biais de berger absent que je leur avais donné. Ma montagne se reflétait dans le lac, tout était en harmonie, et la mort pouvait bien faire ce qu'elle voulait, j'avais gagné. |
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| RIP Phyto |
[12 sep 08|13:04] |
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L'est mort, Phyto. Pneumonie chronique, il bêlait un râle empêtré dans la glaise, et il bavait tout le lait qu'il peinait à téter. Plume le couvait, elle a même eu une montée de lait. Je l'ai lancé au bord de la route en en ayant marre de m'enticher d'agneaux nouveaux nés, vaudrait mieux écrire que de faire boire du lait en poudre. |
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| Phyto |
[5 sep 08|12:43] |
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Le patron l’avait laissé pour mort, dans la poussière, en redescendant vers Manosque avec, dans une énorme bétaillère, les cinquante agneaux et les empoussées (brebis qui ont la pousse, c'est-à-dire le pis, gonflée, signe qu’elles vont agneler et donc qu’elles quittent la montagne plus tôt que les autres, ce qui demande l’examen méticuleux de 1435 pousses et de 1435 vulves au parc de tri, j’en ai examiné, des vulves, dans ma vie, mais jamais 1435 en une journée, surtout avec ce clitoris remonté trop haut) et il haletait, à peine capable d’ouvrir les yeux et la bouche. C’était un besson, et son frère était plus gros. La brebis, comme toute les bonnes brebis, avait fait du Darwinisme social en ne le laissant pas téter. Mais tant qu’il y a de la vie, le berger s’acharne. Contrairement aux bonnes brebis, j’ai des penchants romantiques, j’aime sauver les agneaux faiblards, moi qui me proclame antichrétien. Au début, il a fallu que la bergère insiste un peu, je ne l’imaginais pas revenir. On l’a laissé au soleil une bonne heure, comme il s’était ankylosé dans le froid la veille. Puis on l’a mis dans une boite sur le siège de la R5, et on est descendu à St André les Alpes, acheter du colostrum à la coopérative (j’en ai profité pour acheter cinq litres de rosé du Var et des épices de Rabelais). Ils étaient en rupture de colostrum en poudre, et il a fallu se rabattre sur un booster d’agneaux nouveau, commercialisé en janvier dernier, qui a fait à peu près l’effet de cinq lignes de coke, j’en suis encore stupéfait. Un mélange de la mort. Du colostrum IBR négatif, de la levure, de l’huile d’avocat, de l’huile de germe de blé et de l’huile de flétan, pour donner un boost au système immunitaire. Allongé d’un mélange de phytothérapie agressif : fenugrec, citron, thym, romarin, ortie, presle, cannelle, chardon marie, chiendent, fenouil, girofle, lavande, menthe, artichaut, épine-vinette, pissenlit, solidago, bugrane. En trois minutes, l’agneau comateux a ouvert les yeux, s’est mis à bêler à en casser les oreilles et à sauter partout dans la voiture. Il est au lait en poudre et il va bien, même s’il ne fait pas ses nuits. Je disais à la bergère, sacrament, je me fais vasectomiser pour des raisons idéologiques, égocentriques, artistiques et pragmatiques, et me voilà debout à quatre heures du matin à faire un biberon à un agneau de trois jours, attendri comme un con. Faut dire qu’il est déjà convenu de ne pas faire d’enfants, mais d’avoir, dans les Cantons de l’Est, d’ici un an ou deux, des agneaux et des chevreaux, pour la tendresse parentale que j’ai plutôt tendance à dévouer à mes opus qu’à des moulins à merde. Bref, il s’appelle Phyto, il va bien, mais il a un souffle aux poumons, on est un peu inquiets. Pour le booster, ça s’appelle « premier cap », j’ai jamais trop été coke, ou si peu du temps du cégep, mais avec 3 grammes, par voie orale (0,35 Zeuros le gramme), j’ai déconstruit Nietzsche et je n’ai pas débandé de la nuit.
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| (pas de sujets) |
[2 sep 08|12:37] |
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La marmotte de la voisine, qui dégraissait dans la rivière, est disparue. On soupconne son con de chien, qui lui tape déjà des brebis, et on épluche les patates pour remplacer le plat par une tarte aux lardons en écoutant Brigitte Fontaine qui est folle. |
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| (pas de sujets) |
[2 sep 08|12:35] |
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Quarante-cinq agneaux nés en montagne en trois jours, le bélier était passé trop tôt. Un bordel total, mais terminé, les mamans sont reparties avec eux en camion ce matin. Il nous reste Vulgus au biberon, qui fait un tour de voiture le temps de passer sur Internet, histoire de ne pas manquer ses doses de colostrome et d'huile de maïs. |
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| (pas de sujets) |
[2 sep 08|12:34] |
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J’ai l’impression de toujours devoir transcender, sur ce blogue, alors que je ne devrais en fait faire qu’un carnet d’alpage. Le patron passe demain. Il nous remonte, comme toujours, un dix litres de rouge, du pastis, des tomates et des pieds paquets. Ah, les pieds paquets. C’est un tripier qui lui fait, et les tripiers se font rares. Estomacs d’agneau fourrés, avec les pieds, dans une sauce aux tomates bien assaisonnée. Ca fond dans la bouche, c’est gras et onctueux, goûtu. Avec une rasade de coteau d’aix-en-Provence, le bonheur. Demain soir, chez la voisine, on mange de la marmotte, en daube. Avec un gratin dauphinois de la mort, crucifié par un coulommiers au lait cru. J’y monte deux Rasteau capiteux et une des bouteilles du génépi maison du patron. Il faut la bonne entente avec la voisine qui se fout à poil en cime, des fois qu’on verserait chez elle. C’est définitivement un métier hédoniste, du moins dans notre façon de le pratiquer. Puisqu’on parle de bouffe, l’aïoli, au Touyet, il y a dix jours, faite selon le rituel, fut un vermifuge succulent. Une mayonnaise maison, montée avec un filet perpétuel d’huile d’olive fraîche, des jaunes d’œufs à la tonne, et des gousses d’ail qu’on pilonne. On termine quand le pilon tient seul dans la sauce, bien droit. Sur du poisson, des pommes de terre, carottes, escargots. L’ail vous monte à la cervelle, et vous avez le cardio athlétique pour dix ans et l’estomac épuré. La veille, c’était les grillades d’agneau à la cabane, sur le feu, avec des flageolets de la mort et des tonnes de salades, le bourgogne et les eaux-de-vie de poire en digestif. La chambre d’agriculture du département finançait une rencontre en alpage. Une cinquantaine de touristes, des amis bergers, on leur explique l’élevage transhumant. En gros, je refais la conférence donnée dans les bibliothèques et salons du Québec, en évinçant l’autofiction. Quand viens le temps de parler du grand méchant loup, je fustige les écolos religieux, pour le plus grand plaisir des bergers présent, qui commentent, on ne sait pas s’il est vraiment berger, mais en tout cas, il est bon poète. Comme je compte avoir un œuvre, en plus de continuer mes apprentissages et pratiques œnologiques, je me suis lancé dans le thé, pour alterner. Graphique excel probant à l’appui, la corrélation est simple : jour de thé=5 pages, jour de vin=1 page, jours de vin consécutifs= pas de pages. De ce pas je m’en vais me couper une tranche de jambon cru. |
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| Entrée anticléricale pour les curés du bio équitable |
[25 aoû 08|12:03] |
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Il fait fort bon, en montagne, descendre au petit hameau de La Sagne et acheter, directement du maraîcher, le gros panier de légumes bio de la semaine. Fort bon parce qu’en ville, il y a trop de pression cléricale pour le faire, et que je ne le fais pas. Fort bon parce que le dit maraîcher est passionné, articulé, conscient des dérives du bio, de ses opportunistes et des ses idéologues radicaux. Fort bon parce qu’on peut l’aider à cueillir en conversant, qu’il a le sens du cynisme, et qu’il n’est pas curé, ce qui me change de mon premier contact avec le bio, en tant que citadin libertaire. Pour être passé à quelques reprises, au cours des quatre dernières années, du centre planétaire de l’achat bio-équitable, le Plateau Mont-Royal, puis au cœur même de l’agriculture, en France et en Roumanie, je suis plutôt étonné : il semble que planétairement, le Plateau soit le seul lieu de la sensibilité de l’achat équitable aussi développé et. Le moindre petit troquet vous offre le café équitable, on y achète des meubles équitables, des brosses à dents équitables, j’ai même rencontré quelqu’un qui caressait le projet de vendre des sous-vêtements pour femmes équitables en coton biologiques brodées d’une signature artistique artisanalement. Quelques réticences. D’abord, parler de commerce équitable, c’est pour moi un contresens insurmontable. Vouloir le commerce équitable, c’est vouloir le kamikaze pacifiste, la partouze monogame, la ruralité urbaine. Le commerce n'est pas et ne peut pas être équitable, commercer c'est faire du profit sur le dos de quelqu'un d'autre en ajoutant de la valeur à la marchandise, donc, ce n'est pas a=a, c'est a=a+profit, sinon, on fait du troc. Une bonne conscience, lumineuse et vide de substance, comme l’est devenu le bio de supermarché. Un brand. A preuve, par exemple, un des plus gros vendeur de café merdique du Canada, qui décline une douzaine de marques, a ajouté l’équitable à son portefeuille, haussant son prix de 30%. Sous-entendu, les douze autres exploitent. Sous-entendu qu’il y a des gens assez stupides pour l’acheter, puisque j’en vois depuis deux ans sur les tablettes quand je repasse faire des conférences et m’indigner du coût du vin, tous les six mois. Autre exemple, un autre bistrot de bonne conscience, rue Masson cette fois, sert de l’équitable, du bio, bon pour l’avenir de notre planète, avec de mignonnes moralines sur le menu. Dans ses cuisines, des employés au salaire minimum. Dans ses chiottes, un panneau publicitaire d’urinoir (pour lequel le bistrot est payé, évidement) avec l’annonce d’une grosse voiture rouge qui rend viril à douze millions de chevaux. J’espère au moins qu’elle roule au bio-éthanol. Et que les employés ont du plaisir à travailler pour trois fois rien « parce qu’on est comme une grande famille », parce qu'au salaire qu'ils font, considérant le prix du thé vert, 3,5 piastres, ils ont pas trop leur part équitable de l'équitable. Et puis à bonne conscience, il faut toujours préserver liberté de conscience. J’entrais dans un des troquets du Plateau avec quelques amis en mai dernier, juste avant de repartir pour le pré. Devant l’édifiante carte tartinée de conne conscience, excusez la faute de frappe, bonne conscience (Freud avait-il imaginé le lapsus du clavier comme révélateur de l’inconscient ?) tartinée de bio, d’équitable, de durable et de bon pour la belle planète que l’on va sauver cui-cui-cui les petits oiseaux, je commande un café issu de la monoculture productiviste, du travail d’ouvriers économiques et protégé par des pesticides puissants, s’il vous plait. Ils en avaient pas. Morale : la bonne conscience bio et équitable tend vers la droite et les sautes d’humeur d’intégrisme. Dans le même ordre d’idées, à Marseille, où j’aime passer mes congés, tous les Donner ou à peu près sont tenus par des maghrébins et servent de la viande halal (abattue selon le rite musulman). Pas moyen de manger un kebab laïc. Tous ne sont qu’halal. Et chaque fois que je m’indigne, je suis un bon républicain, j’exige de pouvoir manger un kebab laïc, y me jettent comme si j’étais un gros con de xénophobe. Vous avez rien compris. La tolérance, le bio, l’équitable, le durable, « buzzwords », diabolisation du reste, certes, mais surtout, fétichismes du symbole, devises de bonne conscience qui s’incarne en un objet ou un concept, simplissime et culte. Autre exemple du culte de la bonne conscience, dont j’ai déjà, parlé dans ce blogue, le Loup, en France, protégé farouchement et violement par des groupes environnementalistes. J’ai déjà raconté tout le bordel que cela entraîne, attaque sur les troupeaux, protection forcée, palliative et plus ou moins efficace, et surtout, polémique délirante entre les « pro-loup » et les « anti-loup ». Tous cela essentiellement parce que le Loup incarne la biodiversité, le culte de la biodiversité, et de la rédemption de l’homme face à l’Environnement devant lequel il est coupable et doit réintroduire les espèces exterminées dans le pêché. Par-delà le mythe, dix ans après sa réintroduction, on s’aperçoit que des douzaines de graminées, plantes et fleurs sont menacées de disparaitre, que des douzaines d’insectes sont menacés, à cause du sous-pâturage de la montagne que la présence du Loup, protégé, entraine. Bref. Tout cela pour dire, qu’il s’agisse des grands monothéistes sanglants, de l’écologie, de la tolérance ou du vivre-ensemble, on ne sort jamais des icônes, et de toute la merde qui vient avec les icônes. Heureusement, il reste toujours l’humour, et sa plus chouette branche, du moins ma favorite, l’humour iconoclaste. Il est délicieux, ce panier, libre de pesticides et libre d’idéologie. Je m’en coupe à l’instant des tranches de tomates, semis ancien préservé, que je recouvre d’huile de noix et de vinaigre de cidre de Normandie, pendant que mes putes font la sieste, lentement, sous les pins bercés par le Mistral. |
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| SMS |
[18 aoû 08|13:06] |
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C’est quand même rigolo d’envoyer des SMS à la bergère voisine, surtout depuis qu’on rigole dans le lubrique. Au Touyet, le jour de la fête du village, y’a un pèquenaud qui va la voir et qui lui demande mais le berger canadien, il se saute la québécoise, ou il te saute toi ? Et qu’elle lui répond, mais les deux, voyons. On a cueilli son courrier à Demandolx alors je lui SMS, avons courrier pour toi, fous toi à poil en cime. Elle répond, suis à poil en cime, attends le facteur. Et nous, avons intercepté lettre d’une jeune fille de dix-sept ans dont nous volons adresse. L’inviterons en stage pastoral quand tu auras démontagné. |
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| Primo |
[18 aoû 08|13:05] |
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Si par hasard vous galérez en Provence au volant d’une R5 pleine de paille en traînant l’objectif un peu flou de continuer à écrire une œuvre tout en gardant de ci de là des troupeaux pour payer l’avion et le pastis, et que vous voulez susciter autour de vous une sympathie telle que l’on vous abreuve de vin et que l’on vous gave de bonne nourriture, entrez dans un bistrot de pays avec un agneau né prématurément, l’effet est garanti. Il faut l’avouer, je refuse de procréer, mais devant la fragilité de la vie qui frétille en un agneau fragile, je craque, et la bergère aussi. On avait invité la voisine, la belle bergère butineuse de jeunes filles nubiles, à manger des pâtes au saumon fumé, et elle nous a donné un coup de main pour les sois sur le troupeau. Une matrice inversée dont le pessaire s’est détaché, une blessure à la queue pleine d’asticots à nettoyer à l’essence de lavande, une boiteuse qui a peut-être un gros pied. Et puis flouc, y’a une jeune agnelles, une 2006, qui a avorté de deux agneaux, dont un s’est acharné à bêler puis à vivre. Vite on saute dans la R5 et on descend au bistrot de Demandolx, pour voir s’ils ont pas du lait. Par chance, sa mère est pute, mais on a réussi à lui faire avaler une bonne dose de colostrum avant qu’elle se barre en cime. On a une chance sur mille de le sauver. Au bistrot, vite un pastis et un rosé, avez-vous du lait. Mais vous êtes fous, nous dit la taulière, faut pas lui donner du lait de vache. Sautez dans la voiture avec mon mari, allez à la maison, on a du lait en poudre pour veaux et chevreaux, ca devrait faire. Vingt bornes en lacis, hop, le lait en poudre, deux biberons. De retour au bistrot, deux rosés, et le plat du jour, le avé de saumon grillé, qui vaut de prendre l’avion du Canada. On lui a à peine trouvé un nom, Primo, comme dans premier mais aussi comme dans Primo Lévi parce que fallait vraiment qu’il veuille survivre à voir ses sabots mous et sa tête qui ne se tient pas, qu’il crève. Alors on a pleuré et on s’est saoulé la gueule avec les patrons du bistrot, on a jeté primo en chemin par la fenêtre de la R5, tout démolis, d’autant plus que le conseil des arts du Canada m’a fait savoir qu’il ne finançait pas l’écriture de l’opus deux, bien que le comité ait souligné la qualité de votre travail et fortement recommandé votre candidature, mais y zont pas d’argent, putain de gouvernement de droite, putain de vie de merde, salut Primo. |
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| D'où viens-tu, berger en France |
[16 aoû 08|11:52] |
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Faut vraiment publier dvtb en France, je cherche. Maints lecteurs et libraires m’ont formulé leur enthousiasme. Je cherche. |
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| Fuck la passion |
[16 aoû 08|11:52] |
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Je ne cède plus aux pressions sociales du milieu, qui veulent que le bon berger soit un berger qui a la passion. Oui, j’ai la passion. La passion de la cabane. La passion des livres à lire plutôt que de regarder le troupeau manger. La passion de les rentrer pour aller manger le bon curry que la bergère fait mijoter à la cabane pendant que respire le capiteux Rasteau. Nouvelle montagne, cette année, on les laisse libres tout aout et septembre, on surveille aux jumelles et on descend boire un coup au bistrot de Demandolx. Si tout va bien, ils passent le wifi en septembre, ce qui sera bon pour la santé de ce blogue. Après, terminé les brebis, j’ai trop à faire avec les mots. Je leur doit bien d’être arrivé à la littérature, merci, mais dieu qu’elles sont connes, ces bouffeuses d’herbe, elles sont connes et elles m’énervent. J’aime mieux faire les Salons du Livre. Pour l’automne, trois possibilités : devenir caviste et ouvrir un magasin de vin, sacrer le camp en Amérique latine pour bricoler de l’associatif, ou retourner au Québec, me concentrer sur mes plans d’auteur et d’autres activités publiques. Ca dépendra un peu de la bergère, qui doit retourner à l’école pour poursuivre en sciences politiques, histoire que je lui fasse de bonnes blagues épistémologiques sur la mollesse de sa pseudo science. |
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| Le frère du maire est mort |
[16 aoû 08|11:51] |
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Le frère du maire est mort, et il faut se taper un enterrement de village. Par curiosité. Par politesse envers le maire qui est communiste et gentil. Par envie de revisiter mon lien avec la mort -- que somme toute je n’aime pas trop. La lecture de la semaine n’aide pas trop à visiter la mort – les bienveillantes, Goncourt de 2006, dont j’entame la traversée après avoir beaucoup hésité, déménage grave de sang, de cervelle, de merde et d’intertextualité psychanalytique trop freudienne. Ca meurt à centaines par pages, le fil des mots induit un sentiment de normalité dérangeant (ce qui est une réussite, je crois, quant à la volonté de narrer ce paradoxe de la normalité chez l’Allemand moyen pendant le génocide, et la volonté de sortir du pleurnichage hébraïque pour narrer ce truculent moment de l’histoire), et poum, le frère du maire meurt, je ne le connais pas mais c’est plus accablant que tous ces charniers dans les mots, c’est à côté, c’est tangible, et ça va m’arriver à moi, à moins peut-être de faire de très gros efforts d’insoumission, mais très gros. J’ai mis ma chemise verte et un pantalon propre et j’ai fait chaumer les moutons tout en bas du village, dans un trou d’ombre et d’eau dont ils ne devraient sortir qu’à coup de chien bien près l’enterrement. Le maire étant communiste, je m’attendais à un enterrement matérialiste, mais non, la femme de son frère étant très croyante, par respect pour elle, ils vont ouvrir la minuscule église où il n’y a plus d’office et faire monter un curé de la ville. Tout le monde est massé sur la place du village. On parle de la pluie et du beau temps, le corbillard et le curé ont une bonne demi-heure de retard, on se demande même s’il n’y a pas eu d’accident, avec ces lacis pentus et serrés comme une tresse d’indienne. Il y a le vieux du village que je compte tanner à coups de bâton depuis qu’il m’a foutu ses chiens au troupeau, il y a les auts habitants, permanents et saisonniers, très divisés politiquement, la famille et un bossu. Impressionnant, un bossu, en vrai. Je ne connaissais que Jean de Florette, mais c’était dans un livre. Je l’observe, timidement et discrètement, comme on observe les handicapés, les obèses éléphantesques, les adolescentes aux seins fermes trop jeunes pour qu’on puisse légalement leur proposer quoi que ce soit, les piétons couchés sur le bitume qui saignent un gros coulis de sang qui nous rappellent qu’on porte des litres de sang. La protubérance dorsale est vertigineuse, il a un mont sur l’épaule à faire manger trois mille moutons durant une estive et une moustache biseautée qui en accentue la courbe. La famille élargie du mort toujours dans les lacis continue d’arriver. Elargie et divisée, en témoignent les ruines de Majastres indivisibles et donc invendables, en témoignent les murmures, ah, celle-là, elle en a du culot de venir quand on sait que pssstsssssss, pstts, tout bas. Le cousin éloigné du moribond en chemin s’approche, ah, c’est vous les bergers canadiens, ah on parle de vous dans les journaux sur Internet, j’aimerais bien lire votre livre. Non j’en ai pas, mon éditeur est trop cheap, aucun renouveau des copies d’auteur après six réimpressions, je suis obligé de me voler chez Archambault mais là je suis à cours (je serais bien curieux d’ailleurs un jour de me voler dans un Archambault, de me faire arrêter par la police et de leur dire que je me vole parce que je me revends à l’échange pour manger, cela serait un peu théâtral et exagéré parce que les finances sont correctes mais quand même bien burlesque, mais ne perdons pas le fil de l’enterrement). Le corbillard arrive finalement des lacis. Il se stationne devant l’église puis tout le monde fait silence. Tout le monde, sauf les chiens. Raoul le cantonnier garde les chiens des chasseurs toute l’année. Quand ils se mettent à hurler c’est comme une meute de loups, ils hurlent en crescendo. Et là, ils ont senti. C’est une vielle dame qui le dit. Ohhhh, les chiens ont senti. Faudra bien fermer le cimetière. Ils ont senti le mort et ils hurlent. A la bergerie, Plume aussi. Ca crée un malaise un peu surréaliste, tout le monde en silence, les chiens qui hurlent, la mort qui est là avec toute son insolence, sa lourdeur, sa vulgarité organique, voilà, vous me voyez comme un problème métaphysique insoluble, vous écrivez des sommes à mon sujet, méditez, poétisez, et je suis une connerie organique qui fait hurler les chiens qui sentent des os et du gigot fraîchement faisandé. Le curé profite du silence recueilli couvert de hurlements pour mettre sa soutane ridicule et créer un deuxième émoi après les chiens. Personne ne l’a vu arriver, et personne ne connaît plus trop les curés qui viennent de la ville. Quand la porte de l’église grince pour s’ouvrir, les yeux se lèvent et ca fait oumpf, le bruit de cent souffles étonnés et outrés dans un silence forcé : le curé est noir. Pour bien comprendre le son du oumpf il faut savoir que si le maire de Majastres est communiste, aux dernières présidentielles, sur six inscrits, il y avait, au dépouillement, si votes pour le Front National. Je suis pas sur du chiffre, mais je suis sur du pourcentage. Avec un gros accent, le curé a invité les gens entrer dans l’église pour aider machin à passer devant le tribunal du jugement et vivre dans l’éternité si jamais la sentence est favorable, l’aider en répétant le rituel du baptême mais sur le mort. J’oublie toujours l’ampleur de la débilité du christianisme, la déliquescence extrême de l’esprit que ce précepte incarne. Les fidèles entrent. Je reste sur la place du village avec les communistes et les mécréants. Mon anticléricalisme bout en moi, Nietzsche bout en moi, comme si mon athéisme était organique. Je pense aux croisades, aux curés de paroisse violeurs d’enfants, au refus de tout ce qui confère un sens à la vie – le cul, la boisson et le bon manger. Le nègre en soutane déballe ses conneries, m’insulte en comparant le Seigneur au bon berger. Mon cul, il est très mauvais berger le seigneur à voir toutes ces brebis, dont moi, qui se sont coupées. Il a un bien mauvais biais, le seigneur, car on est de plus en plus nombreux à ne pas brouter de son herbe pourrie. Ensuite il a fallu accompagner le corps au cimetière, et c’est là que l’Absurde m’a mordu. Une grosse morsure entre le foie et le thorax, quand ils ont mis la première pelletée de terre et que les pierres minuscules ont frétillé en glissant sur le cercueil laminé. Le vieux casse-couilles du village m’a dit « tu vois, c’est là qu’on termine, quand on est berger », j’ai failli vouloir être tendre, puis je suis rentré à la cabane, plein de résolutions d’éternité et de ferveur, écrire deux pages du prochain opus, avant de finir dans le trou sans seigneur et sans œuvre. |
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| Le vouloir-dire |
[16 aoû 08|11:51] |
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Le vouloir-dire, ça ne se force pas. J’ai attaqué l’écriture de trois romans de force après d’où viens tu berger, et rien. Des avortons. Des fragments pour beaucoup plus tard. Ecrivez tous les jours, me disait toujours mon directeur littéraire. J’ai essayé. Rien d’intéressant. Sans le vouloir-dire, viscéral comme une érection, pas de littérature, même de force, que du trop. Légitimation de la paresse ? Je ne crois pas. Regardez les auteurs et essayistes contemporains, petits et moins petits, tout le monde écrit trop. Folie de surproduire, de diluer la sauce, de ridiculiser une œuvre à priori gigantesque à force de vouloir à tout prix ne pas manquer deux rentrées littéraires. On m’a dit que si j’attendais plus de trois ans avant de publier l’opus deux, qui va bien mais lentement, on m’oublierait. Tant mieux. On recommencera. Ma personnalité publique, de toute facon, ne précvoit pas exister par la littérature, j’ai d’autres plans, du moment où je reviens au Québec, de radio, de chroniques, d’insolence sur la place publique. Légitimation de la paresse ? Loin s’en faut. Je suis prêt à me faire nègre, ghostwriter, de n’importe quoi d’un peu payant et vendeur et d’y travailler huit heures par jour. Après les moutons, dont le dernier chapitre devrait se clore pour vrai cet été, je me prends un bureau et je fais de la biographie peopole, de l’astrologie s’il faut. Au diable la pureté de la plume - le vouloir-dire littéraire, ça vient avec la lenteur, la macération dans l’inconscient, la douleur de la conscience de la finitude au milieu de la nuit dans les draps mouillés de l’insomnie. J’évite que cela arrive toutes les nuits, j’aime dormir. J’aime dormir accompagné, aussi, ce qui est peu compatible avec la lucidité métaphysique souffrante. Le vouloir-dire ne se force pas, mais voilà, l’opus deux bout en moi. Il a dormi deux ans. Il bout. J’écris comme écrivait Mahomet, même si on n’est pas trop du même registre : c’est un ange qui dicte, je me lis écrire. Tout seul au bout de la table, j’éclate de rire, la bergère demande ce qu’il y a, je lui réponds non mais il est fada ce Lefebure. Ca, ça ne se force pas. Ca arrive ou pas. Et quand c’est là, dieu que c’est bon. |
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| Ouvriers et paysans, debout |
[16 aoû 08|11:47] |
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C’est toujours une grosse dissonance, maintenant, que de traverser l’océan et passer de l’identité sociale d’auteur qu’on reconnaît au restaurant à celle de berger toisé par l’éleveur au tempérament de seigneur. Après le Salon du Livre de l’Abitibi, qui fût fort agréable et où on a fort bien traité les auteurs, j’atterris à Marseille, pastoureau, et je tombe dans l’anonymat du berger qui n’a pas beaucoup de métier. Le patron, vieux malin, fait même la scène classique avant la montagne (on a changé de montagne cette année) : je suis pas certain que vous savez faire… Je suis un peu inquiet…. Vous êtes pas des vrais bergers. Et puis, 1*** Euros par mois, c’est trop cher. Si j’ai joué le jeu les premières années, maintenant je ne le joue plus, et la bergère non plus. C’est quoi, un vrai berger, crisse ? Un looser qui ne vit que pour faire manger ses brebis, qui demande pas plus que le SMIC et qui accepte de vivre dans une cabane pourrie, sous la férule d’un éleveur colérique, parce qu’il a la passion ? Mon cul. Ca fait quatre ans qu’on garde, on a un chien bien dressé et on sait donner le biais. En nous embauchant, tu as considéré nos trois montagnes d’expérience, dont deux chez ton frère. On est méticuleux, on ramène toujours un troupeau gras et propre, et oui, on fait autre chose, je suis auteur et la bergère est politologue. Maintenant, si t’as pas confiance, on monte pas, tu trouves un bon berger pour garder ton troupeau, et on trouve autre chose, c’est tout. Et le salaire, on l’a négocié en visitant la montagne, ce qui est négocié est négocié. La donne a changé. Le patron a lâché son poker et s’est ravisé, confondu en flatteries. Zallez voir. J’ai déjà, dans une vie lointaine, cassé les dents à des syndicats, c’était ma job. J’étais le patronat et j’étais méchant, oui oui. Maintenant que je suis de l’autre côté, la convention collective des bergers du 05, zallez voir, on la ramène dans le 04, zallez voir. 1500 Zeuros net par mois, un jour de congé par semaine, le bois, le jambon et l’ADSL à la cabane. Et puis, écrivains, tous unis contre les libraires. Sauf Archambault, y m'ont donné dix mille piastres.
(j'ai écrit, il y a quelques années, sur ce blogue, qu'en matière d'éthique militante, j'opte pour l'incohérence jubilatoire) |
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| Roumanie |
[16 aoû 08|11:46] |
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En somme, un fichu mal du pays, violent. Ce que Cioran aurait du encaisser en retournant à Rasinari, que j’ai connu d’abord dans une bibliothèque, je me le suis pris dans la gueule. Ce pays est une illusion métaphysique consciente de son essence illusoire mais trop orgueilleux pour s’en détacher, en tout. Ses méchancetés et ses violences se permutent. La securitate de Ceausescu s’est mutée en capitalisme sauvage et étrangleur. Le berger de RAsinari n’était pas sympathique, loin s’en faut, il était éthylisé comme un demeuré et violent. Bref. J’avais attaqué un roman sur la farce de la « révolution » de 1989, aux poubelles, n’ai gardé que la première phrase. Verte comme la menthe crépue, l’herbe du cimetière de Rasinari, droite et humide, étarque ses pointes au ciel, crispant toute sa volonté vers l’astre du jour et buvant, à même les sabots d’une vache profanatrice qui glane les chrysanthèmes des croix orthodoxes étendues en une symétrie parfaite, la rosée qui remonte, remonte encore et toujours. C’est très pute, comme phrase, ça frise l’affectation, mais je suis incapable de jeter, contrairement aux trente pages qui suivent. |
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| Soucis de Wifi |
[16 aoû 08|11:44] |
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Je sais, je sais, une fois par semaine, j’ai pas trop tenu. Il faut comprendre qu’on comptait avoir l’électricité à la cabane mais que c’est pas le bon maire qui a été élu et qu’on ne l’a pas. En plus, je comptais m’abonner à Internet Everywhere de Orange, l’équivalent, en banditisme, ou « compagnie de marde » de Bell en France, mais que je me suis ravisé en lisant les minuscules caractères définissant l’illimité. C’est un paradoxe philosophique stupéfiant, voire une aporie, que l’illimité soit limité. Limiter l’illimité, c’est vouloir que le tout contienne du rien, que l’être soit le néant, que l’équation logique inclusive exclue. Ou alors, c’est une petite crosse de petit publicitaire. Bref, l’illimité d’Orange est « capé » à un Gig, ce qui est fort vite atteint considérant mes exigences de DPI en matière de pornographie, puis facturé, tenez vous bien, à un Euro le méga. Donc, si je télécharge deux films dans le mois, 800 Euros le film à partir du deuxième, et environ 30 Euros les dix minutes sur Skype. Tout cela pour dire que je tente de tenir l’engagement d’un billet par semaine, mais qu’il faut être indulgent sur les mails d’insultes. |
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| Le vieux, I |
[26 juil 08|15:22] |
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Dieu qu’elles étaient putes à l’arrivée cette année. Plus putes que jamais. Sur les quelques six cent hectares d’herbe, entre 1000 et 1800 d’altitude, avec de l’herbe pour plus qu’a plus faim, elles se coupent, elles couillonnent, elles piétinent, elles font chier. Et puis d’abord elles ne sont pas un troupeau, elles sont plusieurs petits troupeaux, séparés à l’année, gardées en filet, puis réunies pour monter sur l’alpage. Il y a des clans, des meneuses en désaccord sur le biais, des clans. Et les clans se divisent. Pourtant, les quartiers sont vastes, il y a du net à foison, on va même laisser des bouchées par milliers derrière, et les biais faciles à donner, mais elles se tiennent peu, les bandes ne se suivent pas. Les floucas sont subversifs, ils tirent hors de l’ordre à en donner envie de garder au fusil au gros sel. Hey là bas, pang, dans ta gueule, du gros sel dans ta gueule. Je suis anarchiste et libertaire sur à peu près tous les plans de mon existence, mais quand il s’agit de pastoralisme, je suis définitivement de l’école de Franco, de Ceausescu, ma Securitate, c’est mon chien. Qui va bien. Elle nous a retrouvé et se souvient de tous les ordres, après la pension chez les chèvres de l’amie chevrière. Elle se souvient de chat, tac, elle court derrière le chat et elle le pince au flanc (sans jamais le blesser, c’est pour jouer). Comme il y en a une bonne dizaine au centre du village, elle passe toute tendue d’anticipation le matin en attendant l’ordre, qui parfois vient, parfois ne vient pas, c’est comme la baise, l’anticipation de l’avoir ou non, ca ajoute à son plaisir. Un matin sur deux, c’est non Plume ça va, ce que préfère la bergère. Ca va, ça veut dire laisse les moutons tranquilles, ils font bien, ça veut dire reste calme et ne claque pas le chat. Tout est dans l’intonation, le ça va est inhibant, d’une voix qui descend, calme, le chat est vif, dynamique, propulseur. J’attends juste le bon matin, où la bergère sera de bonne humeur, pour vérifier l’effet du calembour auquel j’ai pensé en riant tout seul sur ma pierre au-dessus du troupeau. L’effet sur la bergère et sur Plume. Chat va. - - - Le petit village a déjà compté plusieurs centaines d’habitants, agriculteurs pour la plupart. Il y avait une école, deux bistrots. La seconde guerre a un peu réduit tout cela, mais surtout le premier exode rural. Aujourd’hui ils sont deux, plus le maire, je le racontais. Une quinzaine l’été, pendant les vacances. Les deux du village ne se parlent plus, un cantonnier sympathique et un vieux débris râleur et querelleur. Voyez ma neutralité. On opte idéalement, comme berger, pour la neutralité, et on ne se mêle pas des rixes pagnolesques des hameaux par où on passe pâturer, mais dans ce cas ci, on a choisi notre camp. On a pris l’apéro et joué à la pétanque avec le cantonnier et on fusille le vieux querelleur des yeux, depuis le soir où il a envoyé ses chiens sur notre troupeau pour protéger une parcelle où broutent ses cinq chèvres. J’ai hurlé dessus deux bonnes minutes durant, foutre deux chiens pourris qui ont déjà bouffé des brebis à nos 1300 moutons. Il m’a dit de retourner dans mon pays, sale étranger de merde. J’ai posé la question un peu méta et conciliante qui est étranger de qui, puis j’ai renoncé. Faut savoir que dans un contexte rural aussi minuscule, mon pays ne veut pas dire le Québec ou le Canada ; ca veut dire d’où tu viens dans un périmètre beaucoup moins large, mon pays pourrait être l’Ardèche, la Savoie, voire un autre hameau situé sur le col adjacent à vingt bornes à vol d’oiseau. Et puis je vais vous salir, vous les bergers, dans tout Majastres. Et puis je vais me plaindre à Mooooonsieur le maaaaire, c’était dit dans un râlement fielleux, comme s’il crachait un venin létal en disant maire. Comme tout ce qui reste de « tout Majastres » à part lui c’est le cantonnier sympa de l’apéro, et que le maire nous est sympathique ayant lui-même été berger, on est en bonne position géostratégique. Mais ca change vite, ca change vite. On avisera. Je hais les vieux de villages. Cioran proposait, dans la transfiguration de la Roumanie, écrit à tout juste vingt ans, de tuer tous les citoyens passé quarante ans. Il a du nuancer, mort octogénaire, en précisant qu’il ne supportait toujours aucun vieux, sauf lui-même. - - - Ce billet est laconique et négligé, je suis en transhumance et j’ai de petits soucis informatiques. J’ai quitté Majastres, trois jours de marche avec le troupeau. Mais il y a des choses à raconter. |
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| Le diable rumine à table |
[18 juil 08|12:44] |
Le diable, pour le reconnaitre, c'est assez facile, il rumine à table. Pas comme une vache, non non, comme un mouton, ce qui est bien différent. Je l'ai appris hier après avoir enfilé le troisième verre de gnole au thym des voisins hédonistes du village où je traine mon nouveau troupeau. Ils ont la grand-mère pour les vacances, j'y passe pour boire un coup, c'est sur le chemin du biais des moutons, et ils aiment bien boire et bien manger. La grand-mère a tout raconté, le diable, à Majastres, il y a une trentaine d'années, tout le monde l'a fait travailler, au noir comme il est convenu de faire travailler le diable (et les zombies en Haiti). Maintenant, ce ne se sait plus trop, à Majastres, ils sont deux à l'année, trois avec le maire communiste qui passe le week-end avec sa femme et sa fille et qui sont bien gentils. Les deux ne se parlent plus; un cantonnier avec qui le canon a été sympa, et le vieux du village, qui abuse un peu de son statut de vieux comme bien des vieux, et qui promène avec ses chiens quatre chèvre et un mouton jamais tondu, et qui vous parle comme un vieux sage, je me méfie des vieux sages.
J'ai aussi appris que les moutons cadets aimaient le tabac, moi qui ne fume pas. Je l'ai su par les transhumants qui sont passés avec qui on mangé les pâtes, il a fallu pousser notre troupeau tout au loin dans la montagne, pour ne pas se mêler. Ils aiment le tabac, plus encore que le grain, si le berger fume, ils piquent les gauloises, c'est grave. Et quoi, que les maires communistes, quand il s'agit de gagner la mairie par deux votes (dans le hameau où je suis, population électorale de 14), ils peuvent être des redoutables renards, mais moins redoutables que la coalition qui veut les faire tomber. Ca fait que les sources se tarissent et que la vie dans certains de ses morceuax commence à ressembler drôlement à du Pagnol, mais on a l'habitude, on a vécu au Touyet.
Tout cela a fait émerger le flash. Tiens, si je reprenais le blogue du berger, en attendant de terminer le deuxième roman, qui arrive lentement, au milieu des questionnements, qu'écrire après un prix et une reconnaissance, pourquoi une oeuvre, pourquoi publier, pourquoi forcer la page blanche quand on peut se masturber, boire, manger et baiser au milieu des alpages quand trop d'auteurs talentueux écrivent trop et s'étiolent, vais-je décevoir, vais-je changer d'éditeur, vais-je devenir un has been, vais-je encore pouvoir sauter des lectrices à 79 ans.
Pas facile le web en montagne, par clef USB sur le G3 -- Orange, c'est comme Bell mais en plus bandit. Je sais, il est difficile d'imaginer plus bandit que Bell, je sais.
Bref, ce blogue reprend. Blogue du berger qui pensait abandonner les moutons mais qui y revient tout le temps. Je vais vous raconter des histoires de chicanes de brebis et de patrons qui disent qu'on a plus la passion et qui votent à droite parce qu'ils viennent d'une famille de droite. Des histoires de page blanche. Des histoires du diable qui fume.
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Une fois par semaine, ici, je poste, minimum, sinon, vous m'envoyez un mail d'insultes.
Et pour ceux qui voulaient des nouvelles de Dudu, elles sont tristes, bien tristes, ici et ici. En fait j'en ai des insomnies pire que celles liées à la finitude, c'est dire, et c'est pas des blagues, je ne dors pas bien quand je pense trop.
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D'où viens-tu, berger, en film, il en est question. Si vous en pensez quelque chose, j'y réfléchis, y'a des contacts, y'a des enthousiasmes, même dans ma tête.
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| Salon du livre de l'Abitibi-Témiscamingue |
[19 mai 08|12:31] |
Je serai au Salon, à La Sarre.
Jeudi 22 mai
15H00-16H30 Signatures En soirée : rencontre d'auteur
Vendredi 23 mai
14H00-16H00 Signatures 16H00-17H00 Participation au Radio-Magazine de Radio Canada, diffusé en direct du salon 19H00-20H30 Signatures - rencontre d'auteur
Samedi 24 mai
10H00-11H30 Signatures 13H00 Table ronde "Aventure et exploration" |
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| (pas de sujets) |
[18 mai 08|15:18] |
Mathyas,
Michel Onfray vient de m'écrire. Sa compagne est gravement malade. Il se désiste de sa participation à mon film sur l'absinthe. (Ça peut changer, mais ...)
Alors, je compte sur toi pour philosopher sur l'hédonisme, etc. On s'en parle.
À +,
M***
Je devais d'abord y tenir un court rôle racontant ma rencontre avec l'absinthe, en buvant au troupeau et en racontant comment je buvais des fées dans ma cabane en écrivant le soir.
Remplacer Onfray, comme personnage structurant... Si je m'attendais à cela! La marche est haute mais il y a beaucoup à lire et à dire sur la fonction du mythe dans le lien à l'expérience hédoniste, et le cas de l'absinthe est un des plus intéressant à cet égard. Dans l'expérience de l'absinthe, tout comme dans l'expérience oenologique et érotique, l'anticipation et la spiritualisation de l'expérience procèdent de son fondement. Qui plus est, l'absithe est on ne peut plus chargée symboliquement: muse des poëtes maudits, clandestine car interdite par la loi, portail vers la folie et la mort...
Y'a du boulot.
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| Salon du livre de l'Abitibi-Temiscamingue |
[1 mai 08|01:53] |
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Je serai au Salon du Livre de l'Abitibi-Temiscamingue du 22 au 25 mai 2008. En plus des signatures et rencontres avec les lecteurs, je participerai à deux tables rondes. |
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| Exposition |
[23 avr 08|08:53] |
Le paradis perdu de Cioran
Photographies de Anna Dumitrescu et Francois de Narbonne-Lara
Fragments choisis et textes de Mathyas Lefebure
8 mai 2008, 18h00 - Hall de la Fac de lettres de Sibiu, Roumanie
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| Roumanie - Hongrie - Autriche - Italie - Provence - Montréal |
[17 avr 08|18:11] |
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En plein cœur du séjour en Roumanie où l’hiver devenait long, une mésaventure avec la bureaucratie des visas de long séjour a forcé le départ précipité d’un pays encore sous le joug de la logique communiste dans ses institutions et sa fonction publique, état dans l’état mené par des gros flics viriles friands de pots de vins. J’ai quitté la Roumanie de toute urgence, suite à recommandation de l’ambassade du Canada, pour me réfugier en Provence, en mars. Le refuge ne fut pas si mal : le studio d’une amie vigneronne, prêté gracieusement pour un mois. J’y ai rebranché l’ordinateur, et après mes travaux de monogrammes matinaux, je me suis fait œnologue. Un emploi fort sympathique, après celui de berger et d’auteur : accueillir les clients sur le vignoble, les abreuver de la dégustation des douze vins disponibles et de paroles joviales, puis leur vendre du nectar. Avantages majeurs : bureau avec vue sur les vignes, accès à des cuves de vin de 200 hectolitres à volonté, jogging entre les oliviers, soleil de Provence et bourgeons des pruniers. Le retour au Québec fut un tantinet difficile, surtout quant au prix de cet odieux monopole d’état après l’abondance de la gratuité. Le passage sera heureusement, encore, assez court. Je saurai mercredi le 23 avril qui a gagné le prix de la relève littéraire Archambault, pour lequel je suis en nomination. Conférences au Québec, semblables à celles données en Roumanie et en Belgique pour ceux qui y étaient. Dates à confirmer. Passage u Salon du livre de l’Abitibi, du 23 au 25 mai. Puis retour à la montagne, on est pâtre ou on ne l’est pas, si cette pute de bureaucratie française daigne renouveler mon visa, elle commence sérieusement à se faire xénophobe à l’égard des québécois, faut pas oublier que la mondialisation, c’est pour les marchandises, pas pour les gens. Ecriture à peu près tous les jours à Montréal d’ici là. Conférences, signatures et dates de re-diffusion du documentaire sur le pastoralisme que j’ai co-réalisé en Belgique (disponible en stream) seront bientôt précisées ici. |
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